L.H. OSWALD CASINO (de notre envoyé spécial). Après une première journée placée sous le signe de l’exotisme, avec une délocalisation du terrain de jeu dans le palace champêtre du Francky’s, retour aux fondamentaux pour un DPT en manque de ferveur. « On est jamais mieux que chez soi », paraît-il… Le quartier de Villejean accueillait donc de nouveau les gladiateurs du DPT pour une manche qui se devait de raviver la flamme vacillante du poker dofien.
   Pour animer cette partie, les membres du DPT avaient fait confiance à une guest-star de choix en la personne de « Check Raise » Johnny, auteur d’un essai étonnant de panache la saison dernière. Bien souvent, les joueurs les plus talentueux ont besoin d’un temps d’adaptation lorsqu’ils arrivent dans un nouveau championnat. Un temps que n’était pas prêt à lui accorder « Calling Station » Nico, qui faisait hier sa grande rentrée.
   Les deux joueurs rivalisaient d’audace devant un board pourtant anodin, et à ce petit jeu-là, Nico se montrait le plus solide. Conforté par un brelan de 9 touché au flop, il laissait Johnny s’empêtrer dans ses propres filets alors que celui-ci pensait avoir sauvé son bluff grâce à un As inopportun apparu au turn. Johnny partait le premier.

Ponpon passe le flambeau
   Grand vainqueur de la première journée, FG se faisait étonnamment discret. L’esprit sans doute embrumé par les volutes cannabiques de l’aquarium rennais, il laissait tranquillement filer la partie. En habitué des coups de folie, il balançait son tapis après un flop qui lui offrait une surprenante double paire 6-2. Ponpon, éclairé de sa lanterne rouge glanée au Francky’s, suivait avec un tirage couleur et la peur au ventre. L’as de coeur du turn offrait à Steph la flush tant attendue et voyait un FG fataliste quitter prématurément ses camarades.
   Vengé de l’humiliation bruzoise, Steph gagnait en appétit. Nico, déjà bien affaibli, en faisait les frais quelques instants plus tard. Lorsque celui-ci engageait son tapis avec une double paire As-2, il voyait Ponpon lui opposer la même main. Le kicker devait donc décider du vainqueur. Le 9 de Nico faisait pâle figure face au Roi de son adversaire. Ponpon pouvait passer le flambeau à Nico, nouvelle lanterne rouge du DPT, avec, certes, un match en moins.
   L’effectif s’amenuisant, l’attentisme redevenait de mise. Seule une rencontre de mains hasardeuses pouvait changer la donne. Elle arrivait lorsque François, jusque-là très discret, lançait les reliefs de son tapis avec un anodin 9-7 de trèfle. La paire de 5 en main, Benoît y allait de son propre tapis, suivi par le chip-leader Fanch, avec une paire de 8 servie. L’affaire semblait entendue après un flop et un turn qui n’intéressaient personne, mais le troisième trèfle, apparu à la river, voyait François tripler son tapis et Benoît abandonner le sien.

That’s PMU !
   De son côté, Paul jouait la montre. Malgré un tapis en baisse continue devant l’augmentation des blinds, il couchait des mains ridicules par dizaines. Lorsque Franck, agacé par la lenteur du jeu et la récente perte de la majeure partie de son tapis, mettait tous ses jetons en jeu avec King-9 en main, Paul lui répondait avec un As-7 fébrile. As-Queen-5 au flop : Francky ne pouvait plus compter que sur l’apparition d’un valet pour lui offrir un sursis. Aucun laquais ne venant à son secours, Franck pouvait s’en aller. « Hit the road, Jack… »
   Fanch, solide chip-leader depuis de nombreuses mains, se laissait endormir par la tactique pourtant célèbre de Paul, dite du Snake. Alors que ce dernier lançait un énième tapis, Fanch y voyait un nouveau vol de blinds, devenues astronomiques. Il arborait une Anna Kournikova toujours aussi pimpante mais bien esseulée face aux jumelles royales de son adversaire. Le board ne montrant rien, Fanch s’en allait, désabusé, et Polo, opportuniste, empochait le jackpot de ce pari aveugle.
   Trop heureux de se retrouver sur le podium, Ponpon subissait à son tour la loi du hasard alors qu’il lançait ce qu’il lui restait de tapis avec King-9 en main. En bon Crésus, François payait avec un risible 3-2. Risible peut-être, mais gagnant. Une paire de 2 suffisait à M. Rouillac pour sortir Steph, auteur malgré tout d’un bond spectaculaire au classement du DPT’09, à l’issue de cette manche.
   Usés par les 4 premières heures de jeu, Paul et François, heureux finalistes, se livraient un duel peu tactique. Un nouveau tapis pré-flop devait donc décider du sort de la partie. As-4 en main, François répondait à la relance de Paul en lançant son tapis. Piégé par un King-Queen de cœur tape-à-l’œil, ce dernier suivait. La première carte du flop offrait à François une solide paire d’As. Et si la deuxième redonnait l’espoir à Polo grâce au Roi de trèfle, le couple royal pouvait se rhabiller, faute de compagnie couronnée sur les trois dernières cartes.
   M. Rouillac achevait finalement son adversaire au petit bonheur la chance. Affaibli, Paul engageait tous ses jetons en voyant un As dans sa main. Mais François, très au-dessus financièrement parlant, collait à l’aveugle avec 3-10. Il touchait sa double paire, et le calvaire à sa fin.
   Dans cette nouvelle tragédie dofienne, les gladiateurs se sont mus en marathoniens, au détriment du spectacle, une nouvelle fois. Plutôt que de raviver la flamme du DPT, ils se sont contentés de la laisser mourir, à petit feu. Y aura-t-il quelqu’un pour rallumer l’incendie ?

Paul.

  • Classements. Etape (13/09/2008) : 1. François ; 2. Paul ; 3. Ponpon ; 4. Fanch ; 5. Franck ; 6. Benoît ; 7. Nico ; 8. FG ; 9. Johnny. Général : 1. François (13 pts) ; 2. Paul (13 pts) ; 3. FG (12 pts) ; 4. Franck (12 pts) ; 5. Ponpon (9 pts) ; 6. Fanch (8 pts) ; 7. Benoît (4 pts) ; 8. Nico (3 pts).



DANS L'AQUARIUM DE VILLEJEAN


  • Fumigènes. L’ambiance tenait vraiment du tripot, hier chez Benoît, nouvel hôte du Dof Poker Tour. Une enquête est ouverte concernant cet incident de jeu, à l’origine de nombreuses démangeaisons oculaires chez les joueurs. D’après les premiers éléments de l’enquête, FG pourrait être à l’origine de ces débordements.
  • Doudou Masta a signé ! Le DPT a finalement levé l’option d’achat concernant le transfert définitif d’Édouard Bézier. Le joueur avait été l’un des membres les plus solides de l’équipe tout au long de la saison dernière. Une recrue qui devrait encore renforcer le secteur défensif dofien.
  • Énigmatique Nico. Questionné sur ses premières impressions sur cette 2e journée et sa dernière place au classement, la nouvelle lanterne rouge du DPT s’est contenté de cette réplique sibylline : « Souvenez-vous de Rennes. » À bon entendeur…
  • Conciliabule. Devant l’indigence du niveau de jeu affiché lors de cette journée, les dirigeants dofiens sont en lieu de se regarder dans un miroir. La L1 a pris un retard considérable face à ses voisins européens en raison d’un manque de spectacle évident. De même, le DPT risque de voir le fossé se creuser avec le WPT, l’EPT et les WSOP si rien ne change. Aux dirigeants de trouver des solutions concrètes.
  • Pas aidés. Si les joueurs ont affiché un niveau jeu pathétique, il faut avouer que les cartes n’ont pas vraiment aidé. Aucune combinaison mémorable à signaler. Paul aurait bien dû toucher un carré de 9 floppé, mais personne n’a daigné payer son tapis. Grand bien leur en a pris.
  • Chat noir. Les mystiques qui cherchent encore une explication à la parodie de poker de la soirée pourront toujours accuser le chat noir de Benoît qui, non content de s’attaquer aux manteaux de certains, en a troublé plus d’un.

 

LES CHIFFRES


3  C’était la première apparition dans ce DPT’09 pour trois joueurs, hier. Nico, Benoît et François ont connu des fortunes diverses.

17  Les blinds ont augmenté à 17 reprises lors de cette journée, pour atteindre la somme astronomique de 5 000/10 000 ! Du jamais vu.

100  François, c’est M. 100 % ! Une participation, une victoire. Qui dit mieux ?

 

LA PHRASE


« À une table de poker, je n'ai que des adversaires. »     FG, perdant acariâtre.